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Sandrine Chinzi

Sandrine Bernabei Chinzi, Directrice des infrastructures de transport à la Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer (DGTIM)

À quels grands défis est confrontée la France dans le domaine des infrastructures de transport ?

Nous devons relever 3 principaux défis. Tout d’abord, mieux connaître l’état de nos infrastructures et les entretenir. Si les 12 000 km du réseau routier national non concédé ne représentent qu’environ 1% du linéaire des routes françaises, ils supportent plus de 20% du trafic total. C’est un fait : même si nous surveillons et entretenons nos chaussées et ouvrages d’art, ils se dégradent. Des investissements sont nécessaires pour stopper ce phénomène. C’est pourquoi le budget affecté à l'entretien et l’exploitation du réseau routier a été porté à 800 millions d’euros en 2018 et le projet de loi d’orientation des mobilités doit confirmer cet effort en faveur de l’entretien et de la modernisation de nos infrastructures. Le 2e défi consiste à optimiser l’utilisation des infrastructures existantes, l’enjeu étant d’améliorer la mobilité quotidienne des Français, en particulier dans les agglomérations. Cela nécessite des mesures de gestion du trafic : informations sur les temps de parcours, dispositifs de régulation dynamique des vitesses, de contrôle d’accès sur les bretelles ou de voies réservées (ouvertes sur l’A6 ou l’A10 aux transports en commun) et nous préparons l’ouverture de voies réservées au covoiturage. Enfin, le dernier défi concerne l’arrivée du véhicule autonome. Nous travaillons depuis 2015 sur les véhicules à délégation partielle de conduite. Pour passer à un niveau d’automatisation supérieur, il s’agit maintenant de mettre en œuvre des politiques de maintenance et des aménagements spécifiques de l’infrastructure.

"L'expertise de l’Ifsttar constitue un appui fondamental"


Comment l’Ifsttar peut-il contribuer à relever ces défis ?

L’Institut est notre bras droit scientifique. Son panel de compétences et son expertise dans le domaine des infrastructures, en particulier avec ses départements MAST et COSYS, jouent un rôle d’appui fondamental dans de nombreux projets collaboratifs de recherche et d’innovation. Citons par exemple MIRANDA, un dispositif d’auscultation des chaussées à bas coût pour les collectivités, SCOOP, la conception de systèmes de transport intelligents pour les véhicules connectés, ou encore nos travaux avec le laboratoire LICIT sur la modélisation du trafic et l’impact des nouvelles mobilités sur le trafic. Nous avons également des besoins importants de R&D en phase pré-opérationnelle, au service des projets d’infrastructures. L’Ifsttar peut également être un important contributeur sur ce sujet.

Sur quels sujets d’avenir devront s’amplifier les travaux de recherche ?

Comment repenser le rôle des infrastructures dans les questions de mobilité ? Comment réduire la congestion et les émissions de gaz à effet de serre ? Faire face aux changements climatiques ? Ces questions soulèvent des enjeux importants pour les prochaines décennies, tout comme le sujet des infrastructures numériques. Nous avons des besoins grandissants de connectivité et de cartographie. Là encore, l’éclairage scientifique de l’Ifsttar va être essentiel pour conceptualiser et réaliser les "jumeaux numériques" des infrastructures physiques, au service des nouvelles mobilités. Il reste également des actions à envisager pour développer une approche plus transversale sur les mobilités - en lien avec d’autres ministères par exemple - ou pour accompagner nos entreprises et valoriser notre savoir-faire technique et notre ingénierie à l’international.

La parole à...

Stephen Perkins

Responsable du centre de recherche du Forum international sur les transports (FIT) à l’OCDE et membre du conseil scientifique de l'Ifsttar.

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