Université Gustave Eiffel : une ambition commune, une construction partagée

Elle regroupera un quart de la recherche française sur la thématique de la ville et des transports. Le 1er janvier 2020, l’Université Gustave Eiffel sera officiellement créée dans le cadre du projet d’I-Site FUTURE. La concrétisation des liens étroits qu’entretiennent l’Ifsttar et 5 établissements de formation de la Cité Descartes depuis plus de 20 ans : l’École d'architecture de la ville et des territoires à Marne-la-Vallée, l’EIVP, ESIEE Paris, l’UPEM et l’ENSG. Initiée en 2017, cette fusion s’est notamment appuyée sur 11 "séminaires de connaissance réciproque" réunissant les agents des établissements fondateurs. Ces rencontres organisées de novembre 2017 à avril 2018 ont réuni plus de 1 500 participants autour d’échanges et d’ateliers. Elles ont contribué à bâtir les fondations d’une institution au modèle original, interdisciplinaire, unique en France et d’envergure internationale. Quelles nouvelles opportunités offrira-t-elle aux étudiants, chercheurs ou enseignants-chercheurs ? Comment répondra-t-elle aux enjeux sociétaux soulevés par la transformation des villes ? Quels seront ses atouts et ambitions ? Les éclairages des représentants des 5 organismes partenaires de l’Ifsttar.

Amina SELLALI, Directrice de l’École d’architecture de la ville et des territoires à Marne-la-Vallée
Amina SELLALI, Directrice de l’École d’architecture de la ville et des territoires à Marne-la-Vallée

"Considérer autrement la croissance des villes"

L’Université Gustave Eiffel représente une chance pour notre École. Nous serons parmi les premières écoles nationales supérieures d’architecture françaises à être intégrées à une Université, et donc de bénéficier d’une dynamique de recherche et de formation stimulante ainsi que de moyens supplémentaires. Il s’agit également d’un défi car nous aurons la possibilité de travailler avec de nouveaux partenaires et d’élargir nos disciplines de recherche, pas uniquement dans les champs techniques et industriels, mais aussi dans le champ politique, celui de l’économie solidaire, de l’agriculture, des « inventeurs de mobilités légères », etc. Nous avons pour ambition de contribuer à définir une nouvelle place de la technique dans un monde résilient et économe en ressources d’une part, mais aussi dans un monde où les questions sociales et financières demeurent essentielles. C’est le grand défi des ingénieurs, mais aussi de tous les concepteurs de la ville. À l’heure du changement climatique, l’architecture a un rôle important à jouer, pour répondre aux enjeux de la rénovation énergétique des bâtiments par exemple, mais surtout pour considérer autrement la croissance des villes et l'inscrire dans le temps long. L’Université Gustave Eiffel devrait également nous permettre d’être plus actif dans l’appui aux politiques publiques, une mission sur laquelle l’Ifsttar a beaucoup à nous apprendre.

"Un nouveau modèle dans le paysage français de l’enseignement supérieur et de la recherche"

En tant que réponse à un sujet sociétal fort, la ville et les transports de demain, le projet de l’Université Gustave Eiffel est un défi extrêmement motivant. Ce rapprochement unique en France entre une université, un organisme de recherche et des écoles d’ingénieurs et d’architecture implique des transformations profondes pour l’UPEM. Il va incarner un nouveau modèle dans le paysage français de l’enseignement supérieur et de la recherche. Sa création, harmonieuse, illustre une vraie volonté d’avancer ensemble dans la même direction. Les implantations de l’Ifsttar sur l’ensemble du territoire, son expertise et sa capacité à appuyer les politiques publiques vont notamment favoriser la production collective de recherches, de formations, d’expertises et d’innovations sur le sujet de la ville durable mais aussi contribuer à proposer une science ouverte sur la société.

Gilles ROUSSEL, Président de l'Université Paris-Est Marne-la-Vallée (UPEM) © Photothèque UPEM / Yann Piriou
Gilles ROUSSEL, Président de l'Université Paris-Est Marne-la-Vallée (UPEM)
Franck JUNG, Directeur de l’École des ingénieurs de la Ville de Paris (EIVP)
Franck JUNG, Directeur de l’École des ingénieurs de la Ville de Paris (EIVP)

"Apporter des réponses à la hauteur des attentes de villes comme Paris"

En tant qu’acteur du génie urbain, participer à ce projet d’Université au rayonnement international sur la ville de demain représente une formidable opportunité. Grâce à des synergies renforcées entre les établissements fondateurs, nos ingénieurs vont accéder à de nouvelles ressources pédagogiques, notamment avec des interventions plus fréquentes des chercheurs de l’Ifsttar dans le cadre de projets ou d’enseignements. L’Institut va irriguer l’enseignement supérieur de ses compétences. Demain, avec l’Université Gustave Eiffel, nous serons mieux armés pour apporter une analyse, des réponses techniques et un appui aux politiques publiques à la hauteur des attentes de villes comme Paris.

"Un ensemble de compétences pour adapter les villes au changement climatique"

L’Université Gustave Eiffel est une évolution naturelle des partenariats historiques qui lient nos établissements depuis 25 ans. Par la diversité thématique de ses composantes, elle permettra de couvrir l’ensemble des questions scientifiques et techniques soulevées par la ville de demain. Notre École apporte aujourd’hui une partie de la réponse par exemple pour l’adaptation des villes au changement climatique : la géomatique et les systèmes d’informations géographiques. Avec l’Université Gustave Eiffel, nous disposerons de toutes les compétences pour enrichir cette réponse : SIG3D et systèmes d'informations numériques, simulation numérique, génie civil, transports et mobilité durables, architecture, matériaux et performance énergétique des bâtiments, conception d’infrastructures plus sobres et mieux intégrées, etc. Nous allons ainsi pouvoir collaborer sur des projets de longue durée et nos étudiants vont bénéficier de parcours de formations étoffés pour les préparer à de nouveaux métiers qui restent à écrire. Acteur central de notre écosystème de recherche, l’Ifsttar sera une vraie force pour l’université, notamment grâce à sa dimension européenne, son expérience en management de projets et en certification de la recherche.

Nicolas PAPARODITIS, Directeur de l’École nationale des sciences géographiques (ENSG-Géomatique)
Nicolas PAPARODITIS, Directeur de l’École nationale des sciences géographiques (ENSG-Géomatique)
Jean MAIRESSE, Directeur général d'ESIEE Paris
Jean MAIRESSE, Directeur général d'ESIEE Paris

"Un continuum de la recherche fondamentale jusqu’au déploiement à échelle réelle"

Voilà un projet emblématique qui marque un tournant dans l’histoire de notre École et engage son avenir. Intégrer un ensemble d’environ 17 000 étudiants va nous faire changer de dimension et contribuer à développer nos politiques internationale et de recherche. De conception très originale, l’Université Gustave Eiffel a deux atouts remarquables : un fort ancrage géographique avec des sites et des campus partout en France, et le soutien d’un organisme de recherche, l’Ifsttar. S’associer à ses chercheurs est une opportunité exceptionnelle pour nos enseignants-chercheurs. Les séminaires de connaissances réciproques ont démontré ce potentiel de collaboration. Sur le domaine des capteurs pour la ville, par exemple, de la recherche et du prototypage dans les salles blanches d'ESIEE Paris jusqu’à des déploiements à grande échelle à Paris grâce à l’EIVP, en passant par des expérimentations au sein de Sense-city, nous serons présents sur un continuum de la recherche fondamentale jusqu’au déploiement à échelle réelle.

Carte des implantations et chiffres clés de la future Université Gustave Eiffel